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Une pluie de médailles au SIA en 2020

Le Salon de l’agriculture approche et se tiendra fin février. Retour le parcours de Rachel et Aurélien Chevreau ayant obtenu des médailles d’or, d’argent et de bronze pour leurs fromages. Une belle récompense pour des autodidactes de la transformation. Placés sous les feux des projecteurs par l’émission Zone interdite de M6, ils espèrent tirer profit de cette exposition médiatique pour développer leur production fromagère. 

2020 restera une année à part pour Rachel et Aurélien ; une année forte en émotions sur le plan professionnel. Tout commence en février dernier avec leur participation au salon de l’Agriculture. En 2019, ils avaient déjà obtenu une médaille de bronze pour l’une de leurs créations fromagères, une brique cendrée, baptisée Chanteloup. Cette récompense leur avait permis de faire progresser leur chiffre d’affaires de 20 %.  La moisson 2020 a été encore plus généreuse, puisqu’ils sont revenus de Paris avec le plein de médailles. Leur tomme affinée 2 mois a remporté l’Or. Dans la catégorie fromage à pâte pressée, la Boule d’Or Le petit Chevreau, a reçu une médaille d’argent et le bronze est venu récompenser le Palet du Chanteloup. Ces trois médailles viennent plébisciter la qualité de leur travail. Ces deux éleveurs ont également bénéficié d’une formidable exposition médiatique puisque la chaîne M6 les a choisis pour l’émission Zone Interdite. Les agriculteurs ont été suivis quotidiennement dans le cadre de la série de reportages spécial salon de l’Agriculture. Les résultats sont immédiats : « le téléphone portable n’arrêtait pas de sonner. Notre page Facebook dépasse alors 1 million de vues ! », se souvient Rachel. Une belle récompense pour ces deux éleveurs installés depuis 2014, hors cadre familial. Une reconnaissance de savoir-faire de fromagers autodidactes : « Ces médailles nous ont rassurés et nous confortent dans l’idée que nous faisons de bons fromages » ! La transformation à la ferme continue de progresser. « En 2019, nous avons transformé 20 000 litres de lait en fromage (Tomme, Mothais sur feuille…), yaourt, fromage blanc, crème dessert. Nous avons débuté par 5 000 litres. »

LE CORONAVIRUS FREINE LE DÉVELOPPEMENT 

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a sans aucun doute freiné les perspectives de développement liées à cette forte exposition médiatique. Le confinement a fait chuter considérablement les ventes. « Nous espérons malgré tout atteindre les 30 000 litres transformés ». Et malgré ces bouleversements, Rachel a gardé les pieds sur terre en n’oubliant pas sa clientèle d’habitués. Elle vend sa production à la ferme, dans le magasin aménagé à côté de la fromagerie, chaque mercredi et vendredi. Les éleveurs ont également accepté de vendre leurs produits au sein de l’enseigne Super U à proximité de l’élevage. Leurs produits sont également présents sur des marchés locaux et dans des magasins de produits locaux.

Leur installation actuelle ne leur permet pas de produire beaucoup plus. « Il nous faudrait une cave d’affinage, mais les banques rechignent à nous soutenir ». Les deux jeunes éleveurs caprins ont l’habitude de relever les défis. En reprenant l’élevage hors cadre familial, il a déjà fallu convaincre les organismes financeurs de la viabilité du projet. L’atelier caprin a toujours été conduit hors sol. « La mise en route a été compliquée et nous avons dû retravailler la ration du cheptel. Nous avons décidé de nous appuyer sur l’expertise de Florence Baudin, spécialiste de la nutrition caprine au sein d’Alicoop et du docteur Xavier Pouquet pour régler des soucis sanitaires ». La ration a dû être recalée, en raison d’un déficit énergétique. « Nous misons sur une ration sèche. Nous avons toutefois décidé d’apporter du foin de luzerne pour la santé de nos chèvres et pour des questions d’images vis-à-vis du consommateur. » La production de luzerne est confiée à deux voisins qui répondent parfaitement aux attentes des éleveurs. « L’un est un céréalier, content d’allonger ses rotations et de trouver avec la luzerne une très bonne tête d’assolement, l’autre est un ancien producteur laitier qui comprend parfaitement nos attentes ».

UNE CONDUITE D’ÉLEVAGE POINTUE

Si la transformation fromagère leur prend un temps considérable, les éleveurs ne badinent pas pour autant avec la conduite d’élevage. Les protocoles ont d’ailleurs été développés en collaboration avec leur vétérinaire traitant. Dès la naissance, les chevreaux sont pesés, puis identifiés. « Nous leur distribuons du colostrum  thermisé, et ce dans les deux heures suivant la mise bas ». La buvée est assurée au biberon. Si le chevreau n’arrive pas à téter, il est sondé. Les éleveurs misent ensuite sur une louve et distribuent un lait riche en protéines leur permettant d’atteindre des GMQ(1) de 200 gr sur la phase 0-2 mois. Lors des mises bas, les éleveurs font appel à de la main-d’œuvre extérieure pour assurer le suivi. En période lactée, le type de tétine est adapté à la période. Les plus dures sont utilisées avant tarissement pour limiter la prise de lait et inciter les chevrettes à consommer de l’aliment. Place alors à un aliment complet couvrant les besoins des chevrettes.

Les choix génétiques font également place à la rigueur. Le plan d’accouplement est préparé avec Évolution. 30 % des animaux sont nés suite à l’insémination artificielle. Les éleveurs prêtent une attention particulière à la morphologie et notamment à la bonne tenue de la mamelle. Afin de limiter les risques sanitaires, seuls les boucs sont achetés à l’extérieur. Les taux de réussite en première insémination ont été remarquables en 2019 puisqu’ils ont atteint les 80 %. En 2020, la crise sanitaire liée au coronavirus n’a pas permis d’inséminer. 

Côté alimentation, le cheptel reçoit un foin de luzerne, un concentré de production et un complément céréalier. « Nous veillons à la qualité des matières premières car la transformation fromagère est exigeante au niveau qualitatif. Nous n’hésitons pas à refuser certaines livraisons, lorsque la qualité n’est pas au rendez-vous ». Les éleveurs misent également sur le vaccin Vimco pour prévenir les mammites, une stratégie qui porte ses fruits. Si le cheptel se situe à des niveaux cellulaires normaux (1,2 million), les primipares sont en dessous de 450 000. La situation semble donc s’assainir. Le cheptel est scindé en 5 voire 6 lots pour la traite avec deux lots de primipares. Celles-ci sont traites en premier et les lactations longues en dernier. Entre chaque lot, les griffes sont désinfectées avec du peroxyde. L’hygiène s’avère stratégique pour cette exploitation misant sur la transformation fromagère.

Erwan Le Duc

  1. GMQ ou gain moyen quotidien

 

EN CHIFFRES…  

L’EARL CHEVREAU (DEUX-SÈVRES)

  • deux associés (Rachel et Aurélien, installés hors cadre agricole en novembre 2014) et une salariée ;
  • 380 chèvres de races Alpine (20 %) et Saanen (80 %) ;
  • une production moyenne de 1 100 litres au contrôle laitier ;
  • 150 lactations longues ;
  • 30 % d’insémination ; les mises bas interviennent fin août début septembre ;
  • une production de 360 000 litres dont 20 000 transformés en 2019 ;
  • une production fromagère primée à plusieurs reprises (médaille d’or, d’argent et de bronze au salon de l’Agriculture en 2020 et une médaille de bronze en 2019).

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