
Productrice de fromages de chèvres à Saint-Jean-d’Aulps (Haute-Savoie), Noémie Collet, 35 ans, mène une vie tambour battant.
L’échange téléphonique avec Noémie Collet se déroule entre deux consignes données au salarié, un tour dans l’élevage et le cheminement vers la maison. Une heure de vie qui nous amène jusqu’à l’heure du repas. « J’ai trois enfants, ils suivent le mouvement ! ». De temps en temps, la famille s’accorde une parenthèse, quelques jours de vacances, pour « avoir des souvenirs ensemble ». Ce temps du voyage, Noémie l’a très peu connu. À 18 ans, suite à l’accident de son père, elle interrompt ses études agricoles et rejoint sa mère sur l’élevage. « Je deviens aide familiale. » L’exploitation doit alors faire face à une mise aux normes, obligeant ses parents à chercher un nouveau site pour construire un bâtiment neuf. « Mais entre rivalités locales pour l’acquisition du site et complexité administrative, dix ans s’écoulent. »
Une forte empreinte locale
Mère et fille abattent un travail considérable. « Nous n’avions pas le temps de penser à l’optimisation », reconnaît Noémie. La nouvelle ferme est créée en 2007, avant de prendre la forme d’un Gaec en 2013, lorsque Noémie devient associée. « À partir de là, j’impulse le nouveau système. » Les décisions s’enchaînent : « nous lançons la production en AOP Chevrotin et en 2018, je convertis la ferme en bio. » Une cascade de choix structurants façonne le modèle d’un lait « produit exclusivement à l’herbe locale. » Parallèlement, un atelier porcin est créé pour valoriser le lactosérum issu de la fromagerie et pour proposer une charcuterie de montagne de qualité. « Aujourd’hui, ma mère gère les commandes et les livraisons à notre clientèle ». Un salarié a complété l’équipe pour relayer Noémie à la traite et l’assister dans la fabrication des produits laitiers.

Un outil pérenne
À 35 ans, la Savoyarde a trouvé encore l’énergie pour ouvrir un restaurant à la ferme. Au menu, des plateaux de fromages et de charcuterie maison. « Nous accueillons jusqu’à 40 personnes et ça tourne bien. » De cette vie intense, qu’elle n’avait pas forcément choisie au départ, Noémie ne regrette rien. « Mon objectif est de construire un outil pérenne et viable. C’est pour ça que je fais des concessions.» Perchée à 950 m d’altitude, dans un cadre magnifique, la ferme Le Clos aux Chèvres produit aujourd’hui 75 000 litres de lait par an, pour environ 10 tonnes de produits transformés en yaourts et fromages. Plusieurs circuits de commercialisation sont en place : en vente directe sur la ferme, dans les magasins fermiers, les fruitières, l’Intermarché local.
NB
Retrouvez l’intégralité du reportage dans le N°30 d’Elevages Caprins Magazine (Janvier/Mars 2026)
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