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Maïs : « rendements records mais qualité moyenne »

Les maïs 2021 sont abondants en toute région, riches en amidon et en fibres, mais moyennement digestibles.

L’Institut du végétal (Arvalis) a dressé, le 29 novembre, le bilan de la campagne 2021 en maïs ensilage. Comme le laissaient entrevoir les premières évaluations, « les rendements sont à un niveau record, rarement à moins de 13-14 t de matière sèche par hectare et parfois à plus de 20 t MS ». Un « bilan hydrique très favorable dans la phase sensible » a fait oublier des « températures déficitaires en début de cycle » qui ont pu occasionner des « levées longues et un recouvrement tardif des rangs », résume Michel Moquet (Arvalis). Le rendement moyen national s’établit à 14,9 t/ha, contre 12 t/ha en moyenne entre 2016 et 2020. L’Alsace affiche le rendement moyen le plus élevé (18 t/ha), avec un écart à la moyenne quinquennale dans la région de 29 %. Le Nord-Pas-de-Calais atteint 16,2 t/ha (+ 6 %), la Haute-Normandie 16 t/ha (+ 11 %), la Bretagne 15,5 t/ha (+ 20 %), la Basse-Normandie 15,5 t/ha (+ 11 %), la Picardie 15,5 t/ha (+ 8 %), l’Aquitaine 15,5 t/ha (+ 18 %), la Franche-Comté 15 t/ha (+ 40 %), la Lorraine 15 t/ha (+ 53 %), les Pays de la Loire 14,6 t/ha (+ 27 %), la Bourgogne 14 t/ha (+ 64 %), Poitou-Charentes 14 t/ha (+ 29 %), le Limousin 14 t/ha (+ 43 %), le Centre 13,5 t/ha (+ 59 %), Rhône-Alpes 13 t/ha (+ 28 %), l’Auvergne 12,8 t/ha (+ 45 %), Midi-Pyrénées 12 t/ha (+ 31 %). Une telle récolte a permis de transférer environ 100 000 ha vers le maïs grain – à comparer à une surface initiale de 1,3 million d’hectares.

Des températures « encore fraîches en juillet et août », à l’origine de floraisons femelles en retard de 5 à 10 jours en moyenne, ont contribué à des « récoltes très étalées de début septembre à fin octobre », avec « peu de maïs très secs voire des difficultés à atteindre la maturité dans l’Est », constate Hugues Chauveau (Arvalis). Dans la région, la moitié des ensilages ont été réalisés à moins de 30 % de matière sèche alors que la moyenne nationale ressort à 32,5 % MS.

0,8 kg de lait en moins

L’importance des rendements a contribué à diluer la richesse en matière azotée totale (MAT) qui ne dépasse pas 7 % MS – un chiffre « plutôt bas » – après 7,5 % en 2020. La teneur en amidon, elle, a profité de « bonnes conditions de remplissage malgré une fin d’été plus sèche sur le Grand Ouest et le Nord-Est ». La moyenne nationale atteint 31,7 % (+ 3,4 points en un an). Conjuguée à la hausse des rendements, elle explique un doublement des rendements grains dans la moitié Est de la France. C’est aussi en Alsace-Lorraine que les fibres sont les plus digestibles, contribuant à relever une moyenne nationale de la dNDF en repli de 2 points à 51,1 %, qui constitue « le gros point décevant de l’année ».

La valeur énergétique des maïs 2021 diminue très légèrement (- 0,01 UFL/kg MS) pour revenir à 0,94 UFL. La moitié des ensilages se situent en dessous de cette valeur, ce qui les rend « moins adaptés pour des animaux hauts productifs » (vaches laitières ou jeunes bovins à l’engrais). Les maïs 2021 sont aussi un peu plus encombrants. Au final, calcule Arvalis, une vache recevant une ration à 12 kg MS de maïs produira journellement 0,8 kg de lait de moins qu’en 2020, toutes choses égales par ailleurs.

BC

A télécharger : Le prix du maïs en hausse de 34 % sur un an (ministère de l’agriculture, 30 nov. 2021)

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