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Le bio peine à recruter des livreurs de lait

L’élevage caprin participe du développement rapide du bio, mais peine à recruter des livreurs de lait.

La France comptait 1 348 troupeaux caprins biologiques ou en conversion à la fin 2020 (+ 9 % sur un an), selon l’Agence Bio. Ces élevages détenaient 98 122 chèvres certifiées bio ou en conversion (+ 12 %), soit un peu plus de 10 % du cheptel national. L’élevage de chèvres bio, essentiellement destiné à la fabrication de fromages et de yaourts, poursuit sa croissance avec une forte progression des cheptels en conversion (+40 % en 2020). À titre de comparaison, 7,57 % des vaches laitières et 12,82 % des brebis laitières étaient conduites en bio à la fin 2020.

Le troupeau caprin moyen bio n’atteignait « pas tout à fait les 70 chèvres » en 2018, « contre plus du double (150) tous systèmes confondus, mais il aurait progressé d’une quinzaine de têtes en 10 ans », selon l’Institut de l’élevage (Idele)(1). « Les exploitations caprines biologiques sont surtout orientées vers la transformation fermière. En 2018, elles n’étaient que 107 à vendre leur lait à un transformateur, selon l’enquête annuelle laitière, à peine 4 % des exploitations caprines livrant leur lait, pour un volume national de 10,8 millions de litres, soit 2 % de la collecte nationale. Alors que les enquêtes cheptel font état d’une répartition quasiment à 50/50 entre systèmes fermiers et livreurs (avec quelques mixtes également) en production caprine globale, ce ratio serait plutôt de 90/10 en production biologique. »

UNE « MICRO-FILIÈRE »  

« Avec une filière conventionnelle elle-même en manque de lait et bénéficiant de prix plutôt élevés ces dernières années, la filière longue en lait de chèvre biologique peine à se développer et a longtemps balbutié, comme en témoignent les variations parfois à la baisse du nombre de livreurs. Le développement de ce signe de qualité apparaît dans le Plan de développement de la filière caprine élaboré à l’occasion des États généraux de l’alimentation avec une volonté d’augmenter l’offre de 30 % d’ici à 2022 (par rapport à 2017). Un objectif quasiment atteint dès 2018 qui montre une difficulté à appréhender cette micro-filière pour laquelle les éléments chiffrés sont rares », note l’Idele.

« La Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire, principaux bassins de production de lait de chèvre en France, regroupent ensemble 33 % des chèvres bio sur seulement 20 % des exploitations détentrices. Un poids qui demeure toutefois inférieur à celui qu’elles occupent dans l’ensemble de la production caprine avec 50 % du cheptel sur 30 % des exploitations. Plus globalement, le cheptel caprin biologique se trouve plus dispersé sur le territoire national que ne l’est le cheptel caprin dans son ensemble du fait de l’absence d’un bassin de collecte majeur concentrant les systèmes livreurs de plus grande dimension. On note toutefois des troupeaux de plus grande dimension en moyenne sur l’ex-région Poitou-Charentes, en Pays de la Loire et en nord-Occitanie, où il semble exister une collecte de lait de chèvre biologique. »

« PROCHE DE LA SATURATION »

« Les systèmes caprins livreurs biologiques ont fortement accru leurs livraisons annuelles au cours de la décennie écoulée, passées de quelque 40 000 litres de moyenne tout au long des années 2000 à près de 100 000 litres en 2018. Cependant, l’écart avec les élevages conventionnels est important et croissant, la livraison annuelle moyenne de ces derniers étant plutôt proche de 200 000 litres par an. À l’identique de ce qui est observé en production laitière bovine, le resserrement des liens entre troupeau et surface agricole associée explique en partie cet écart de dimension entre fermes bio et fermes conventionnelles. Pour autant, certains professionnels du secteur soulignent que la notion d’autonomie n’est pas aussi déterminante qu’en système bovin lait et que le recours aux achats d’aliments peut s’envisager. Par ailleurs, la gestion du parasitisme est l’une des grandes problématiques en élevage caprin bio et se révèle d’autant plus complexe avec des troupeaux de grande dimension. »

« Peu nombreux sur le segment (ils seraient une quinzaine d’établissements au niveau national), les transformateurs interrogés se sont accordés à dire que la filière lait de chèvre biologique dispose d’un potentiel certain de développement sur le territoire national malgré les difficultés techniques de maîtrise de la production, depuis la gestion du parasitisme jusqu’à la saisonnalité. Jusqu’alors, pour satisfaire une forte demande des consommateurs, la plupart des opérateurs ont dû composer avec des importations de lait en provenance de pays voisins (Pays-Bas, Allemagne, Espagne…). La volonté de certains opérateurs de renationaliser tout ou partie de leur collecte a conduit à un développement sans précédent de la filière depuis 2016. Avec ce développement rapide, et bien que les volumes restent encore faibles, il semblerait toutefois que les opportunités en termes de débouchés soient moins prometteuses pour les années à venir, le marché approchant désormais de la saturation », conclut l’Idele.

BC

  1. « Les filières laitières biologiques françaises », Idele, avril 2020

 

 

ÉVOLUTION DE LA PART DES CHEPTELS DE RUMINANTS CONDUITS EN BIO 

Source : Agence Bio 

 

ÉVOLUTION DE LA COLLECTE ET DU NOMBRE DE LIVREURS DE LAIT DE CHÈVRE BIO

Source : Idele

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