Quand la chine s’éveillera

Marcel Fernandez est un spécialiste de la traite au sein de la société Milkrite. Il rentre de Chine après avoir visité un élevage caprin. À terme, dans la province de Mongolie Intérieure, la société Shengjian Dairy Group et ses partenaires espèrent créer des centaines d’élevages pour un total de plus d’un million de chèvres.

Spécialiste de l’export au sein de la société Milkrite, Marcel Fernandez a effectué des milliers de kilomètres aux quatre coins du globe et visité moult exploitations caprines et bovines pour vendre des équipements de traite. Nul doute que sa dernière mission restera longtemps gravée dans sa mémoire. En Chine, dans la province de Mongolie Intérieure, près de la ville de Hoho, il a découvert les prémices d’un projet pharaonique : « Au départ,  la laiterie Shengjian Dairy Group nous avait sondés pour équiper des élevages dotés d’un débouché spécifique :  les produits de beauté. Leur business plan, sur 5 ans, prévoyait la mise en place d’élevages pouvant abriter un total de 270 000 chèvres. Au final, l’objectif a été revu à la hausse. Dorénavant, ils tablent sur un million de chèvres d’ici à 2024 ! ». Le lait de chèvre a le vent en poupe en Chine. Les études scientifiques se multiplient et mettent en avant les bienfaits de ce lait sur la santé humaine, notamment au travers des poudres de lait infantile (lire Euro dairy Express en page 4).  « Le lait de chèvre est plus facile à digérer et convient bien au marché chinois qui compte une forte proportion d’intolérants au lactose. La consommation de viande de chèvre est aussi bien ancrée dans la tradition chinoise », ajoute le spécialiste. Les cheptels seront nourris à base de ration sèche et une large place sera donnée à de la luzerne produite localement. 

 Le lait produit sera transformé en poudre dans les 3 heures suivant la collecte. La laiterie veut produire des poudres de lait infantile, des yaourts à boire, et plus original des bonbons à base de lait de chèvre et de céréales ou de fruits déshydratés. En 2024, 400 élevages devraient voir le jour. Pour l’instant les chevrettes viennent d’arriver d’Australie. L’objectif pour 2020 est l’installation de 10 à 12 fermes d’une capacité de 5 000 chèvres chacune. Outre ces grosses unités, fer de lance du projet, les autorités chinoises veulent également miser sur des élevages familiaux plus modestes (entre 10 et 100 chèvres) et une collecte par camion. Ces exploitations permettront de dynamiser ce territoire rural.

D’ici, fin décembre, les premières traites vont débuter. La démarche laisse rêveur. Actuellement, seule la Chine semble pouvoir mener à bien ce type de méga-projet. 

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