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1 380 litres de lait par chèvre 

En 2018, les 364 chèvres du cheptel de la SCEA du Bois du Theil ont produit 481 519 litres de lait soit une moyenne de 1 325 litres/chèvre ! L’année 2019 s’annonce encore meilleure avec 1 380 litres. Si pour les éleveurs, ce niveau de performances s’explique par des investissements en génétique et par une régularité de la ration sèche, leur savoir-faire et leur rigueur y sont sans aucun doute pour beaucoup.

Que de chemin parcouru depuis 2003 ! En 15 ans, l’élevage de la SCEA du Bois du Theil situé à Vaux (Vienne) est passé d’une production annuelle par chèvre de 779 litres de lait à 1 325 litres, soit un gain record de 70 % ! Cette progression apparaît encore plus spectaculaire au regard de la production totale du troupeau qui a bondi, sur la même période, de 364 762 à 481 519 litres, le tout avec une croissance du troupeau se limitant à une vingtaine de têtes. Les indicateurs économiques suivent une progression identique et traduisent l’efficacité des choix effectués par les éleveurs. Ainsi, la marge brute par chèvre culmine à 621 € en 2018 contre 252 € en 2003, le tout avec un bâtiment et une salle de traite identiques. Et si la chèvrerie est fonctionnelle et bien conçue, elle n’a rien d’exceptionnel. Dépourvue d’isolation, elle s’avère toutefois facile à aérer en période de canicule par exemple. Précisons que la conduite hors-sol de cet atelier permet aux exploitants de se consacrer exclusivement à leurs animaux, ce qui explique en partie le niveau de performances atteint.  

« Dès le départ, nous avons fait le choix d’investir dans la génétique. Nous avons ainsi débuté l’insémination dès 2006. Nous récoltons actuellement les fruits de cette politique », souligne Stéphane David, le chef d’exploitation. Modeste, il met également en avant les évolutions en matière de nutrition : « Depuis 2009, nous distribuons l’aliment complet le Cub (un mélange de matières premières, minérales et de fibres, présenté sous forme cubique), qui nous a permis de gagner une centaine de litres par chèvre. En 2012, nous avons intégré la graine de lin extrudée qui nous a fait progresser en santé et en reproduction. Depuis 2016, nous distribuons du tourteau de soja tanné à hauteur de 20 gr/chèvre/jour et les résultats sont au rendez-vous. Nous sommes toujours à l’écoute et cherchons constamment à nous améliorer pour gagner les derniers litres de lait », poursuit-il. Au fil des ans, Stéphane David a mis en place un protocole d’élevage basé sur la rigueur et l’exigence. « La génétique nous a permis de gagner en gabarit et de disposer de chèvres dotées d’une bonne capacité d’ingestion et de rumination qui valorisent bien la ration ». L’éleveur attache aussi une attention particulière aux mamelles et aux taux. « D’ailleurs, la hausse de la production n’a pas dégradé les taux. Le TP est passé de 33,7 à 34,7 g/l. Seul le TB a chuté de deux points », constate pour sa part Jérôme Clochard, dirigeant de la société. Tous deux mettent en avant la nécessité de bien s’entourer et de travailler avec de bons partenaires. Les exploitants de Curzay-sur-Vonne travaillent avec Copavenir pour le contrôle laitier et Alicoop qui leur fournit l’aliment et le Chevryplan (un outil de gestion technico-économique de l’élevage). « Nous recevons beaucoup de conseils. Mais, au final, nous prenons nos décisions nous-même. Nous avons par ailleurs toujours gardé une même ligne directrice, ce qui explique très certainement notre progression », ajoute Stéphane David. L’autonomie alimentaire n’a jamais été leur priorité. Les éleveurs préfèrent s’attacher à la stabilité de l’alimentation, avec au fil des ans une teneur en PDI(1) et UF(2) constante. À la SCEA du bois du Theil, en 2018, le niveau de consommation atteint 1 112 kg de MS/chèvre/an en aliments composés et 128 kg de fourrages grossiers. Ces chiffres détonnent dans le contexte actuel dominé par le dogme de l’autonomie alimentaire. Pourtant, en 2018, l’atelier lait a dégagé 84 818 € de marge nette, une performance d’autant plus remarquable que la main-d’œuvre est salariée et que les charges sociales et le paiement des salaires ont représenté 70 000 €.

Des chèvres en pleine santé

Ces hauts niveaux de production n’ont pas détérioré la santé, ni même la reproduction. « 70 % des chèvres inséminées par IA(3) sont échographiées gestantes. Nous perdons ensuite 5 % des embryons. Pour la monte naturelle, réservée aux chevrettes et aux retours, le taux de réussite est de 90 % », soulignent les exploitants. Ces bonnes aptitudes à la reproduction sont obtenues sans implants ou hormones. Un supplément de lumière au printemps et une légère cure en oligoéléments et vitamines viennent juste sécuriser les performances.

Les indicateurs santé sont eux aussi bien orientés. Le taux de pertes des chevreaux culmine à 3 %. Le savoir-faire des éleveurs s’exprime pleinement au niveau de l’élevage des chevrettes. Les mises bas sont très regroupées sur une dizaine de jours début septembre, puis trois semaines après pour les chèvres n’ayant pas été fécondées en première insémination. 

Stéphane David et ses salariés consacrent une attention de tous les instants aux nouveau-nés. La prise colostrale est surveillée : « Nous n’avons pas de soucis alors nous ne pesons pas les colostrums », concède le viennois. Les chevreaux sont élevés sur la litière Cabri-lit, composée de granulés de fibres de paille contenant des huiles essentielles. Ce produit est chauffé à plus de 80 °C et hygiénisé lors de la granulation. 

Dès les premiers jours de vie, les chevrettes ont à leur disposition des granulés pour les habituer. L’aliment lacté est riche en protéines et contient également de la vitamine E et du Sélénium. Stéphane et Jérôme y ajoutent le noyau Forti’Os développé par Bonilait Protéines, pour stimuler la croissance osseuse. « De la naissance au sevrage, nous arrivons à un gain moyen quotidien d’environ 240 gr /jour. ». À deux mois, les chevrettes pèsent au minimum 14 kg. « Les individus des derniers lots sevrés pesaient en moyenne 18 kg ! » précise Stéphane. « C’est bien simple, ce complément alimentaire nous a fait gagner 1 kg de poids vif au sevrage », soutiennent les deux éleveurs. « Notre objectif est de pousser les chevrettes pour qu’elles expriment pleinement leur potentiel génétique ». Parallèlement, l’utilisation de Pulmofit, un mélange d’extraits de plantes, permet de contrôler les maladies respiratoires. Côté prévention, les exploitants vaccinent contre l’entérotoxémie, la pastorelle ou encore la fièvre Q.

Avant la mise bas, les chevrettes reçoivent une ration spécifique. Tout comme les chèvres qui bénéficient d’une ration de préparation incluant un aliment spécifique contenant notamment du monopropylène glycol. C’est aussi lors de cette période qu’est effectuée une cure à base d’hépatoprotecteur. La ration comporte également un produit pour limiter le phénomène d’acidose. « Nous devons mettre en place des garde-fous pour prévenir l’émergence de pathologies. À ce niveau de performances, nous sommes constamment sur le fil du rasoir».

E.L.D.

 

  1. PDI : protéines digestibles dans l’intestin.
  2. L’unité fourragère (UF), est l’unité utilisée par l’INRA pour déterminer la valeur énergétique d’un fourrage et pour calculer la ration d’un herbivore. 
  3. Insémination artificielle.

 

EN CHIFFRES… ((Positionner sur la page de gauche face à la premiere page))

LA SCEA DU BOIS DU THEIL (Vienne) ((Pointer sur VAUX DANS LA VIENNE))

  • Trois unités de main d’oeuvre,
  • un atelier caprin hors-sol de 370 chèvres dont 89 lactations longues,
  • une production de 1 400 kg de lait (moyenne contrôle laitier du 2/08/2019),
  • un TP de 35,3 g/kg et un TB de 40,5 g/kg,
  • une ration sèche composée de 1 112 kg d’aliments composés et de 128 kg de MS de fourrage par an.

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