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L’assurance prairie doit évoluer

Dans une lettre adressée au Premier ministre, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC) alerte sur les dysfonctionnements du dispositif actuel de gestion des risques climatiques en prairies. Elles estime que le système, largement fondé sur un indice satellitaire, ne permet ni de reconnaître correctement les pertes réelles, ni d’assurer une indemnisation équitable des éleveurs.

La gestion des pertes de production fourragère liées aux aléas climatiques (sécheresse, excès d’eau, grêle…) est devenue un enjeu central pour la viabilité des exploitations d’élevage. Dans un contexte de variabilité climatique accrue, les éleveurs attendent un dispositif capable de sécuriser réellement leurs systèmes fourragers. Or, selon la FNEC et la FNPL, le schéma actuel montre des limites structurelles. L’année 2025 aurait mis en évidence de nombreux cas où les pertes constatées sur le terrain ne sont pas reconnues par l’indice satellite, empêchant le déclenchement des indemnisations.

Un recours théorique, mais difficilement mobilisable
La loi Duplomb avait prévu la création de Comités départementaux d’expertise (CDE) afin d’introduire une possibilité de recours face aux erreurs de l’indice. Mais les modalités d’application fixées par l’instruction ministérielle du 29 décembre sont jugées dissuasives. Les deux fédérations soulignent notamment l’absence de notification claire aux éleveurs sur leur situation, ce qui complique l’exercice du recours. Elles dénoncent également l’obligation d’effectuer des démarches individuelles, lourdes administrativement. Elles déplorent le rôle très limité des CDE, qui ne procèdent pas à une réévaluation des pertes mais formulent un avis qualitatif. Ensuite un arbitrage final est confié aux assureurs au niveau national. Dans les faits, estiment la FNEC et la FNPL, le droit au recours est largement neutralisé.

Un dispositif financé par les éleveurs mais jugé inefficace
La critique est d’autant plus forte que les éleveurs financent massivement le système, à la fois par leurs cotisations d’assurance et par les prélèvements liés à la PAC. La FNEC évoque un effort financier de plusieurs centaines de millions d’euros pour un dispositif qui, selon elle, ne joue pas son rôle dans un nombre significatif de situations. Elle dénonce également la décision de réduire progressivement, entre 2026 et 2028, le taux d’indemnisation applicable au fonds de solidarité nationale, ce qui pénaliserait en priorité les exploitations les plus exposées.

La FNPL appelle à un retour aux expertises de terrain
Face à ces constats, les deux fédérations d’élevage demandent une refonte complète du dispositif, reposant notamment sur une place centrale donnée à l’expertise terrain pour qualifier les pertes et un calibrage des indemnisations cohérent avec les pertes subies.
Dans sa lettre, Patrick Bénézit, président de la FNB, appelle le Premier ministre à « remettre du bon sens » dans la gestion des risques climatiques sur prairies et à définir un système « en phase avec les réalités des élevages ».

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